KAYNA SAMET
« Là-bas les miens squattent des bidon-villes
Rêvent d’un bateau pour une France tranquille, loin de tout
Moi j’ai grandi loin du port d’Alger
Dans c’qu’on appelle une zone sensible, à genoux
Perdue en quête d’identité
A d’voir porter mes origines
Au garde-à-vous
Ouais j’ai voulu savoir qui j’étais
Jeune Française et Maghrébine
En mal de tout… »
Kayna Samet est née à Nice, un jour de septembre 1980. Elle a grandi dans un de ces quartiers qu’on dit sensibles. Histoire banale : Parents divorcés, mère exemplaire, père absent… Ces histoires sont autant d’influences pour ces premières maquettes, grâce auxquelles elle sera rapidement repérée par Akhénaton, qui lui propose de venir à Marseille enregistrer un morceau pour une compilation...
Kayna adopte définitivement le registre soul, et sa voix est riche de multiples cassures et fêlures. Incroyablement expressive, elle vous remue, vous prend aux tripes comme bien peu de ce coté-ci de l’Atlantique. On songe à Mary J. ou à Jaheim, deux artistes qui, comme elle, n’aiment rien tant que chanter les peines de cœur et les malheurs des petites gens, sur fond de beats hip-hop et de grosses boucles soul.
Commence alors un long travail, trois ans passés à définir et affiner l’identité artistique du projet. Mais du rap, elle conserve tout de même un solide bagage : des cadences, une manière de se poser sur la musique, et surtout un parlé, cru et sans faux-semblant, qui en fait le pendant direct des meilleures plumes du genre. Aussi tout ce que le rap compte de mieux s’est attaché les services de sa voix unique (Booba, Rohff, Sinik, Kery James, Souleymane Diamanka…)
Son 1er album “ Entre deux je ” (2005), la révèle, en jeune fille qui s’efforce de surmonter les nombreux obstacles et coups durs, sans jamais baisser la tête ni céder au découragement.
La plupart du temps, ses textes ont de solides fondements autobiographiques, qu’elle évoque son mal d’amour (“ En mal d’amour ”, “ Toi qui sais ”), l’absence de son père (“ Celui que j’voulais ”), l’éloignement forcé d’avec son frère alors derrière les barreaux (“ Le barreau des cœurs ”) ou l’implacable routine du quotidien (“ Ecorchée vive ”, “ A perte de vue ”), mais en quelques occasions, elle se frotte aussi à la fiction, pour évoquer la violence conjugale (“ Besoin de renaître ”), ou bien laisse simplement son esprit s’évader en contemplant la nature (“ Sol pleureur ”). Quel que soit le contexte, elle parvient à croquer en peu de mots la situation, à nous faire partager ses états d’âme et ses émotions. Le blues n’est jamais bien loin, encore accentué par les ambiances musicales concoctées par Eric Legnini, André Cecarelli…
2009, Kayna termine son 2nd album intitulé « 2nd souffle » épaulé par les réalisateurs Enterprise (Sinik, Vitaa…) et Eric Legnini (artiste sous le nom Moogoo). Chacun apporte une couleur différente et aide à faire vivre avec talent des morceaux pop et arrangés ou plus soul et acoustiques. Ses chansons sont résolument d’actualité et continueront sans aucun doute de confirmer les liens forts qui existent
entre Kayna et son public, tant elle arrive à cristalliser les préoccupations des personnes qui n’ont que rarement l’opportunité de se sentir les héros de récits aussi touchants de sincérité. Kayna a murit musicalement, a évolué avec une écriture qui témoigne de sa compréhension du monde qui l’entoure. Elle a laissé sa voix s’épanouir sur de nouvelles compositions plus variées et laissant place à toujours plus d’émotions, en interprétant des chansons qui ne laisseront pas indifférent un public tout aussi large et que sensible.