DRY

1er ALBUM SOLO

LES DERNIERS SERONT LES PREMIERS

L’INTOUCHABLE DE LA MAFIA
K’1 FRY


DRY


NOUVEAU CLIP EN FEAT AVEC DIAM’S

VICE VERSA




« Dry s’impose aujourd’hui avec un premier album solo des plus aboutis. Du kickage de micro et des thèmes bien choisis, des featurings d’alchimiste et une force de caractère bien trempée : Dry frappe fort et juste. » - PLANETE RAP MAG

« Dans cet opus, Dry se découvre, se dévoile comme rarement. Résultat, un album humain, à l’image du bonhomme » - RAP MAG

Pour ceux qui savent, plus besoin de présenter Dry. Mais comme il faut toujours prévenir les autres, voilà les éléments clés de la carrière d’un des membres éminents de la Mafia K’1 Fry, et plus spécifiquement d’Intouchable : Landry, alias Dry, Français de parents congolais, est originaire du triangle d’or du rap français, Orly Choisy Vitry. On le découvre comme rappeur d’élite dès 1996 sur les disques du 113, de Rohff, de Kéry et surtout en 2000 sur le premier album de son groupe mythique, Intouchable. « On a grandi avec le rap, c’est quelque chose qu’on sait faire et qu’on aime. Moi au début je regardais les autres rappeurs comme Démon One et Las Montana, je traînais avec eux, on a eu des affinités donc je suis logiquement rentré dans le groupe. Je ne demandais pas grand-chose, juste faire les backs, je kiffais la scène. Quand Las est parti, il a fallu qu’on se prenne en main et qu’on commence l’aventure avec notre premier album, Les points sur les i. Las était sur le morceau “Hommage“ avec des vocaux tirés d’une


compile, il n’a malheureusement pas eu le temps de poser sur l’album. On a continué en 2005 avec l’album La vie de rêve produit par Dawala et Watti B. L’histoire d’Intouchable n’est pas finie ».

En attendant, la vie continue pour Dry, qui participe à l’album historique du collectif Mafia K’1 Fry et soutient son ami Démon lorsqu’il sort son album solo Démons et merveilles en 2007. C’est Dawala qui est le détonateur de la suite des événements. Dry : « Dawala m’a fait comprendre qu’il fallait que moi aussi je fasse mon truc. J’ai commencé par écrire quelques morceaux, et c’est parti tout seul. J’avais des sons de Jakus, je cherchais des thèmes, et finalement ça n’a pas été si compliqué : il suffit d’avoir envie ».

Dry sort d’abord un street album, De la pure pour les durs, avec en guise de single de rue le très puissant « Tout le monde à terre ». « C’est ce morceau qui m’a fait connaître en tant qu’artiste solo, pas juste membre d’Intouchable. Ça m’a donné de l’autonomie et de la confiance en moi. Et ça m’a montré qu’il y avait une demande, aussi ».

Dry est lancé, plus rien ne l’arrêtera. Il accumule les maquettes avec l’intention de proposer à son public un album 100% hardcore. Mais Dry n’est plus le jeune chien fou des débuts d’Intouchable. Il devient papa fin 2008, et il a mûri depuis ses débuts rapologiques. « Je ne suis pas hardcore toute ma vie, 24 heures sur 24. J’aime rigoler, parler des nanas, écouter des sons variés. Donc j’ai voulu que l’album me ressemble ».

Hip hop, reggae, soul, r&b et même musique de club : Dry ne dresse aucune frontière, et se lance dans la conception de Les derniers seront les premiers, un album à son image, dur et tendre à la fois. Plutôt que de se perdre dans une quête au featuring de prestige, il invite des proches. Dont Mélanie, alias Diam’s, qui a déjà rappé avec Intouchable et connaît Landri depuis des lustres.

« J’aime bien Mélanie. Quand elle a posé avec Intouchable, elle a tué ça. Elle m’a toujours mis bien, on a toujours eu des bonnes relations. En se concertant, on a eu cette idée d’inverser les rôles sur “Tu Sais Pas“. Elle avait envie de dire des trucs mais elle est dans une situation qui fait qu’elle ne peut pas les dire. Elle a eu l’idée de ce concept de l’inversion des rôles, qui collait super bien. Mélanie, on la connaît depuis toujours, on rigolait ensemble, et aujourd’hui c’est la même ».

Dans « Comme tu es », c’est la jeune chanteuse de r&b Kayliah qui donne la réplique à Dry, pour un résultat en équilibre entre tension et émotion (« Qu’importe les diamants/ Moi je porterai tes enfants »). « Les gens diront que ça ne nous ressemble pas trop, mais c’est ce qu’on vit, tout le mode se dit “je t’aime“. Pas tous les jours ! (rires) Mais ça fait partie de l’être humain, l’amour. Même les grands voyous aiment leur mère ou leur fille, l’amour concerne tout le monde. Après, c’est une question d’envie ou de courage pour en parler. C’est une chanson que ma mère peut écouter. Ça ne sera pas forcément le cas de tous les titres ».

Autre incartade hors des sentiers battus : « Herbsman », avec en guest Mojo, chanteur du groupe roots jamaïcain Morgan Heritage, constat de vie d’un quotidien hardcore où « la vie est brève comme la détonation d’un coup de feu ». Et aussi la preuve que Dry a su s’adapter à un rythme chaloupé, entre reggae et hip hop.

Le morceau de bravoure de Les derniers seront les premiers est bien sûr « La pièce », entre rap narratif et fable à message, l’histoire de l’ascension d’un clochard qui devient « boss de la tess’ », sorte de Scarface du ghetto français. « C’est une fiction qui part de faits réels observés dans mon quartier, quelqu’un qui part de rien et arrive à quelque chose. Et ça finit mal. On aime bien rêver, se demander ce qu’on ferait si on gagnait à euromillions, on a toujours plein de films dans nos têtes. “La pièce“, c’est notre film à nous ».

Au final, le premier solo de Dry n’est pas juste un album hip hop de plus. C’est un état des lieux sincère du vécu des jeunes des quartiers, dans ces banlieues « où l’amour est aussi rare qu’un non-lieu » (« Mise à mort »), où les bons comme les méchants sont tous « pris en chasse pas la faucheuse » (« Un jour »).

Dry y évoque aussi « la haine et la jalousie, qui en une seconde détruit toute une vie » « Septième sens »), avec parfois cette nostalgie qui étreint les anciens. « Ça n’était pas la même ambiance qu’aujourd’hui. Ça a dérivé vers les clashes. Dans les années 90, c’était plus une grande famille, avec ses divergences mais c’était nous contre eux. Aujourd’hui, c’est nous contre nous ».


Pour autant, le premier solo de Dry n’est pas celui d’un rappeur amer, plutôt celui d’un vétéran qui a su garder la fraîcheur des débutants. « On a eu notre part de malheur, j’espère qu’aujourd’hui c’est le bonheur qui arrive, mais je sais que la vie est courte. Demain, on peut marcher et se faire renverser par une voiture. Et tout peut s’arrêter, la musique et le reste. Ça nous donne du jus pour faire ce qu’on a à faire, et le faire bien ».

Olivier Cachin


 



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